Quelques géants parmi les philosophes

Synthèse de la page d'accueil :

Je me propose de montrer des géants.

Le message de certains d'entre eux pourra sembler déroutant.

Ne vous arrêtez pas aux apparences!

A l'intérieur peut se trouver "une céleste et impréciable drogue".

Former des philosophes

Pantagruel par Gustave Doré

En matière de philosophie, l'unité est la personnalité.

C'est elle qui pense, qui gère la vie, qui se dévoile.

Former des philosophes, c'est donc former des personnalités philosophiques.Là est mon dessein.

Le présent site se propose de donner à voir des philosophes qui par leurs expériences, leurs méditations, leurs réflexions, leurs rencontres, dévoilent quelque chose de leur philosophie, de " la" philosophie.

Puisque cette page est une introduction, un prologue, permettez -moi de citer François Rabelais qui présente son Gargantua en le comparant à Socrate.

Puisse mon site, cette petite boite très imparfaite, comme le Gargantua de François Rabelais, dévoiler "une céleste et impréciable drogue"!

 

Buveurs très illustres, et vous, Vérolés très précieux (car à vous, non à autres, sont dédiés mes écrits), Alcibiade, au dialogue de Platon intitulé le Banquet, louant son précepteur Socrate, sans controverse prince des philosophes, entre autres paroles le dit être semblable ès Silènes. Silènes étaient jadis petites boîtes, telles que voyons de présent ès boutiques des apothicaires peintes au-dessus de figures joyeuses et frivoles, comme de harpies, satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes bâtées, boucs volants, cerfs limoniers et autres telles peintures contrefaites à plaisir pour exciter le monde à rire (quel fut Silène, maître du bon Bacchus) ; mais au dedans l’on réservait les fines drogues, comme baume, ambre gris, amomon, musc, civette, pierreries et autres choses précieuses. Tel disait être Socrate, parce que, le voyant au dehors et l’estimant par l’extérieure apparence, n’en eussiez donné un coupeau d’oignon tant laid il était de corps et ridicule en son maintien, le nez pointu, le regard d’un taureau, le visage d’un fol, simple en mœurs, rustique en vêtements, pauvre de fortune, infortuné en femmes, inepte à tous offices de la république, toujours riant, toujours buvant d’autant à un chacun, toujours se guabelant, toujours dissimulant son divin savoir ; mais, ouvrant cette boîte, eussiez au dedans trouvé une céleste et impréciable drogue : entendement plus qu’humain, vertu merveilleuse, courage invincible, sobresse non pareille, contentement certain, assurance parfaite, déprisement incroyable de tout ce pourquoi les humains tant veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent.

À quel propos, en votre avis, tend ce prélude et coup d’essai ? Pour autant que vous, mes bons disciples et quelques autres fols de séjour, lisant les joyeux titres d’aucuns livres de notre invention, comme Gargantua, Pantagruel, Fessepinte, La Dignité des Braguettes, Des pois au lard cum commento, etc., jugez trop facilement n’être au dedans traité que moqueries, folâtreries et menteries joyeuses : vu que l’enseigne extérieure (c’est le titre), sans plus avant enquérir, est communément reçue à dérision et gaudisserie. Mais par telle légèreté ne convient estimer les œuvres des humains : car vous-mêmes dites que l’habit ne fait point le moine, et tel est vêtu d’habit monacal, qui au dedans n’est rien moins que moine, et tel est vêtu de cape espagnole, qui en son courage nullement affiert à l’Espagne. C’est pourquoi faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce qui y est déduit.

François Rabelais

Gargantua

Silènes en bois peint
Apothicairerie de l'Hotel-Dieu-Le Comte
Troyes (Aube)

Info

1. Mai, 2013

Mon ancien blog :

http://autocoaching.over-blog.com

Bien cordialement,

Jophilo